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Pierre-Etienne GAUTIER,
Psychanalyste Jungien Indépendant


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LES BENZODIAZÉPINES



LES BENZODIAZÉPINES
CES MÉDICAMENTS QUI NOUS RENDENT DÉPENDANTS


Un Français sur cinq consomme des benzodiazépines au moins une fois par an. Des crises d'angoisse à la dépression, en passant par les insomnies ou certaines maladies neurologiques, les occasions de prendre ces médicaments sont nombreuses. Pourtant ces molécules ne sont pas anodines. Les benzodiazépines peuvent avoir des effets secondaires sur la mémoire ou l'état psychomoteur... sans oublier le risque fort de dépendance.
Par La rédaction d'Allodocteurs.fr

Un Français sur cinq a consommé au moins une fois dans sa vie des benzodiazépines, la famille d'anxiolytiques la plus couramment utilisée mais qui n'est pas sans effets secondaires. À commencer par une dépendance quand le traitement dépasse douze semaines. Or, en 2010, une étude a montré que la moitié des patients qui prenait ce médicament en consommaient depuis plus de deux ans. Le syndrome de sevrage est alors fréquent, avec des symptômes qui empêchent les malades de pouvoir s'arrêter facilement.

Comment fonctionnent les anxiolytiques ? Un réseau de neurones constitue notre cerveau. L'information nerveuse passe d'un neurone à l'autre, au niveau de la synapse, grâce à des messagers chimiques que l'on appelle les neurotransmetteurs. Le neuromédiateur qui nous intéresse est le GABA : l'acide gamma-aminobutyrique.

Le GABA est inhibiteur, c'est-à-dire qu'il empêche l'excitation prolongée des neurones. C'est un véritable frein à la transmission nerveuse : il sert donc, notamment, à contrôler les sensations de peur et d'anxiété. Pour agir, le GABA se fixe sur son récepteur et provoque son ouverture : le message calmant peut être transmis au neurone suivant par l'intermédiaire de cette "porte d'entrée".

Les anxiolytiques se fixent sur le même récepteur que le GABA et "boostent" son action en favorisant l'ouverture du récepteur. Résultat : l'effet relaxant est augmenté, les symptômes anxieux diminuent. Le patient est soulagé.
Les anxiolytiques sont des médicaments efficaces. Mais ils peuvent entraîner une dépendance.

Benzodiazépines : mode d'emploi

Petit tour d'horizon de ces médicaments aux indications variées et aux effets secondaires nombreux.

Au total, 22 benzodiazépines sont commercialisées en FRANCE, réparties au sein de 4 groupes selon leurs indications :

• Les plus consommées sont les anxiolytiques. En 2010, selon l'Afssaps, les anxiolytiques représentaient plus de la moitié des boîtes vendues. Indication principale : le traitement des manifestations anxieuses sévères.

• Les hypnotiques prescrits dans le cadre de troubles importants du sommeil.

• Les myorelaxants indiqués pour le traitement des contractions musculaires.

• Les antiépileptiques représentent moins de 5 % du marché.

En 2010, 20% des Français ont consommé au moins une fois une benzodiazépine. Pourtant l'usage de ces médicaments n'est pas anodin et peut comporter des risques : troubles de la mémoire et du comportement, altération des fonctions psychomotrices, altération de l'état de conscience qui peut entraîner insomnie, cauchemar, idées délirantes ou hallucinations… Plus les doses et la durée du traitement sont importantes, plus les risques de développer ces effets secondaires augmentent.

Pour limiter ces risques, ces médicaments sont délivrés uniquement sur ordonnance et la durée de prescription est pour la plupart d'entre eux, strictement encadrée : 12 semaines pour les anxiolytiques et 4 semaines pour les hypnotiques. Pourtant selon un rapport de l'Agence du médicament, la durée moyenne de traitement des anxiolytiques et hypnotiques est de 7 mois.

Le principal problème lié à ce mauvais usage, c'est la dépendance. Quand on prend ces médicaments pendant plusieurs mois, il ne faut jamais les arrêter du jour au lendemain sans avis médical.

Benzodiazépines : un sevrage pour mettre fin à la dépendance

Quand on veut arrêter de prendre des anxiolytiques, il est conseillé de se faire aider. Et si plusieurs tentatives de sevrage ont échoué, il est même possible de se faire hospitaliser.
Pour aider les patients dépendants, des services reçoivent des patients en consultation et leur proposent un protocole de sevrage lorsque cela s'avère nécessaire.

Sevrage des anxiolytiques : les bienfaits des cures thermales

Choisir la cure thermale pour se passer d'anxiolytiques, c'est ce que propose les Thermes de Saujon, en Charente-Maritime depuis 2010. La cure est une solution originale qui permet de réduire sa consommation de benzodiazépines avec un suivi très particulier.

Selon le Dr Olivier Dubois, psychiatre et médecin thermal, "les personnes qui veulent se sevrer sont généralement des personnes qui consomment des anxiolytiques depuis un certain temps. Ils ont conscience que leur état est compatible avec l'arrêt du médicament mais qui pour différentes raisons, échec ultérieur, peur des effets secondaires à l'arrêt ou de la rechute, n'arrivent pas à le faire seuls. Ils ont alors besoin d'être accompagnés par des professionnels". S'arrêter seul sans un soutien médical est en effet très délicat car les benzodiazépines sont des médicaments dont il est difficile de se défaire.

Durant leur séjour, les curistes sont suivis par un psychologue comportementaliste, qui leur propose des ateliers éducatifs. Il s'agit de comprendre ce qui a poussé ces personnes à consommer autant de calmants et leur expliquer les étapes du sevrage comme l'explique Anne Vincent, psychologue : "On leur donne les outils à mettre en place pour ne pas tomber d'une dépendance à une autre, ce qui est souvent le cas si on remplace un médicament par un autre médicament. Ce sont des outils à la fois corporels (détente avec tout ce que cela peut comprendre), et un questionnement mental qui est de savoir comment s'autonomiser, se responsabiliser pour ne plus tomber dans cette dépendance. Il faut que les personnes apprennent à se faire confiance, et du coup ne plus avoir besoin de médicaments pour fonctionner dans leur vie".
Les ateliers se répètent durant le séjour. L'objectif étant de permettre aux patients de mettre en place des stratégies pour accepter le sevrage et mieux réagir aux symptômes du manque. Pour le Dr Dubois, la cure est efficace grâce à l'association de trois formules : tout d'abord l'eau qui permet de compenser l'effet thérapeutique, l'environnement médicalisé qui permet au patient d'être sécurisé et enfin la thérapie cognitivo-comportementalequi permet au patient d'apprendre des outils pour mieux gérer son anxiété.

Depuis la mise en place de cette prise en charge originale de la dépendance, les résultats sont positifs. Une étude a montré que la moitié des curistes arrête leur consommation d'anxiolytiques dans les trois mois qui suivent la cure.

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