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Pierre-Etienne GAUTIER,
Psychanalyste Jungien Indépendant


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TROUBLE BIPOLAIRE SEVERE



BIPOLAIRE 13 INDICES DE LA MALADIE IDENTIFIÉS

Des chercheurs américains ont pour la première fois identifié des traits génétiques permettant de diagnostiquer un trouble bipolaire sévère. Liés au cycle de sommeil et d'éveil, ils fournissant des indices importants sur la nature génétique de la maladie et permettent d'apporter de nouvelles voies pour prévenir son apparition.
Le trouble bipolaire est un trouble de l’humeur encore trop souvent sous-diagnostiqué car il faut parfois plusieurs années avant qu'il ne soit établi. Dans une première étude du genre, une équipe de scientifiques menée par des chercheurs de l'université du Texas et de UCLA ont identifié une douzaine de traits liés aux cycles de sommeil et à des activités qui sont associées à un trouble bipolaire grave. "En outre, nous avons été en mesure de retracer certains de ces traits à un chromosome spécifique", a déclaré le Dr Joseph Takahashi, principal auteur de l'étude.
"Cette étude représente une étape clé dans l'identification des causes génétiques de ce trouble et fournit des cibles pour de nouvelles approches de prévention et de traitement", ajoute le Dr Nelson Freimer de UCLA. Le trouble bipolaire provoque des changements d'humeur drastiques- appelés épisodes - pendant lesquelles la personne est soit trop excitée, soit triste ou irritable. Entre les deux pôles, la personne qui en souffre retrouve un état normal. Ses causes sont suspectées d'être à la fois génétiques et environnementales.

Des comportements qui précèdent une saute d'humeur

Ainsi, les chercheurs soupçonnent que la perturbation des rythmes circadiens, notamment les cycles de sommeil et de réveil, peut précéder ces sautes d'humeur. Les malades se réveillent plus tard et dorment plus en moyenne, sont actifs pendant des périodes plus courtes que les autres personnes et ont un niveau plus faible d'activité. Pour leur étude, ils ont fait appel à plus de 500 membres de 26 familles en provenance du Costa Rica et de la Colombie, qui comprennent chacune de nombreuses personnes atteintes de troubles bipolaires graves.
Les chercheurs ont analysé de près les rythmes circadiens de toutes ces personnes pour identifier les traits génétiques liés à la maladie. Ils ont ainsi pu établir 13 marqueurs biologiques ou comportementaux que l'on retrouve le plus souvent chez les malades bipolaires. Il s'agit notamment de la moyenne de la durée d’éveil, l’amplitude réveil-sommeil, le pic d’activité, la durée des phases de sommeil durant la période de sommeil, le temps de sommeil décalé ou encore le délai d’endormissement.

Comment reconnaître une personne bipolaire ?

Phase d'exaltation puis de dépression... Comment identifier une personne bipolaire ? Medisite a interrogé le Dr Rapahël Giachetti, psychiatre à Toulouse et auteur de La maladie bipolaire expliquée aux souffrants et aux proches.

Deux phases bien distinctes

La maladie bipolaire se caractérise par deux phases distinctes : la phase maniaque et la phase de dépression . Parfois elles peuvent être séparées par des périodes de calme, où la personne est capable de vivre, de travailler, de mener sa vie sans trouble apparent. "Certaines circonstances peuvent déclencher une « crise » : un changement professionnel, qu’il s’agisse de chômage ou de promotion, un deuil, une séparation, mais aussi, chez les femmes, la période de post-partum. Elles sont aussi plus sensibles au syndrome prémenstruel" note le Dr Rapahël Giachetti, psychiatre.

L’exaltation : un signe de la phase maniaque

"L’exaltation est la caractéristique de la phase maniaque, ou « chaude »", explique le Dr Rapahël Giachetti. Les signes : "La personne éprouve un sentiment de toute-puissance, l’impression d’une extrême fluidité, plus rien n’est compliqué. Elle multiplie également les contacts sociaux, engageant la conversation facilement, avec tout type de personnes, de façon désinhibée. Un autre symptôme caractéristique est le réveil nocturne en mode « on-off » : la personne se lève d’un coup vers 4 h ou 5 h du matin et se sent immédiatement opérationnelle : elle peut se mettre à travailler ou à faire le ménage, par exemple."

Une alternance rapide entre la dépression et l'exaltation

La phase dépressive passe souvent pour une dépression "classique", alors qu’elle est le versant "froid" de la maladie bipolaire. Les signes : "La dépression bipolaire s’installe plus rapidement qu’une dépression classique et bien souvent elle fait suite à une phase d’exaltation" explique le Dr Rapahël Giachetti, psychiatre. "Parfois en 48 heures, la personne va se sentir ralentie, triste, vidée de toute son énergie. On observe également, plus souvent, de la culpabilité, des idées d’indignité. Mais bien sûr, le médecin devra également rechercher des antécédents d’épisodes maniaques ou hypomaniaques en interrogeant les proches." Ce dépistage est important car le traitement médicamenteux est différent : les antidépresseurs fonctionnent rarement ou provoquent des réponses indésirables.

Hypomanie ou simple joie de vivre ?

L’hypomanie est la forme légère de la phase maniaque, pour autant peut-on la confondre avec un banal sentiment de bien-être et de plénitude ? "C’est une question difficile, car la frontière peut sembler fine en effet entre les deux. C’est pourquoi l’aide des proches est précieuse" explique le psychiatre. Les signes : "Ce qu’il faut repérer c’est une rupture avec le fonctionnement habituel : en effet, la personne va présenter de plus en plus d’énergie, d’envies, d’idées, de projets, elle va parler sans cesse, passer du coq à l’ane. Le patient n’a pas conscience de la dimension pathologique de cet état, l’inquiétude du proche est précieuse pour poser le diagnostic dans ces cas là."

Des comportements à risque

La phase maniaque est caractérisée par des comportements à risque. Les signes : "On observe une augmentation des consommations de stupéfiants, d’alcool ou de tabac, une multiplication des partenaires sexuels avec rapports non protégés, des dépenses compulsives mais aussi parfois, dans les phases délirantes, des conduites aberrantes : comme par exemple ce patient qui d’un seul coup a senti son épouse comme une menace, a pris ses enfants sous le bras et est parti à 200 km /h sur la route", illustre le Dr Rapahël Giachetti.
Rappel : La maladie bipolaire touche entre 1 et 3% de la population et multiplie par 10 le risque de suicide.

Psychose maniaco dépressive, trouble bipolaire ou maladie bipolaire ?

On a longtemps nommé "psychose maniaco dépressive" pour décrire cette maladie où une même personne présentait une alternance de dépression sévère et de période d’exaltation intense. Pourtant comme le souligne le Dr Rapahël Giachetti, psychiatre "d’un point de vue psychiatrique, le terme psychose suppose l’existence de symptômes psychotiques c’est-à-dire de délire. C’est le cas pour certaines personnes qui en crise maniaque par exemple, pensent même avoir le pouvoir de voler. Beaucoup de patients ne présentent pas de délire mais ont néanmoins une authentique maladie maniaco-dépressive, c’est pourquoi l’on parle aujourd’hui de trouble bipolaire ou de maladie bipolaire et non plus de psychose. Généralement, on retrouve des symptômes psychotiques dans le trouble bipolaire de type 1 qui alterne manie et dépression, mais pas dans le trouble bipolaire de type 2 qui alterne hypomanie (petite manie) et dépression.


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