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Pierre-Etienne GAUTIER,
Psychanalyste Jungien Indépendant


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TROIS THÉRAPIES POUR S’APAISER



TROIS THÉRAPIES POUR S’APAISER

Bien se connaître, identifier ses forces et ses faiblesses, sont les conditions indispensables pour vivre sereinement avec soi et les autres. Psychanalyse, dialogue intérieur et processus Hoffman : à chacun de choisir sa méthode pour y parvenir.

« Je me sens mal dans ma peau », « J’en ai assez de me disputer avec mon partenaire », « Je veux que ma mère me laisse tranquille », « Je ne supporte plus mon boulot »… Quel que soit le symptôme qui les incite à consulter et quelle que soit la thérapie qu’ils choisissent, les patients n’ont jamais qu’un désir : être apaisé, enfin. Définitivement ? Totalement ?

La demande est plus subtile : personne ne recherche un état de tension « zéro », et c’est dans l’alternance de périodes de calme et d’autres plus tumultueuses que nos existences avancent. Le rôle des thérapies n’est donc jamais d’anéantir en nous les forces en opposition. Elles proposent plutôt de les identifier, de les reconnaître, avant d’apprendre à vivre autrement avec elles. Pour cela, chaque thérapie a sa méthode. Nous en avons choisi trois. De la plus classique et universelle, la psychanalyse, à la plus brève et originale, le processus Hoffman, en passant par le dialogue intérieur inspiré de la psychanalyse jungienne, chacune a sa propre façon de tenir sa promesse d’apaisement. Mais attention, ces méthodes, telles que nous les décrivons, ne s’adressent pas aux personnes souffrant d’un trouble psychotique.

La psychanalyse

Comprendre ses symptômes, par Dominique Miller, psychanalyste

Psychologies : Pourquoi la psychanalyse peut-elle aider à se réconcilier avec soi-même ?

Dominique Miller : La psychanalyse n’est rien d’autre qu’une pratique de la parole. Or, dire ce dont on souffre apporte déjà un apaisement. Mais cela n’est pas si simple, la psychanalyse pose ses exigences : elle attend du patient – le « sujet » – qu’il travaille pour identifier et comprendre ce qui le fait souffrir. C’est cette connaissance de son symptôme qui est source d’apaisement.

Quelles sont les étapes d’une analyse ?

Le paradoxe, c’est que nous aspirons à la paix et que, en même temps, nous aimons le tumulte. La première étape consiste donc à savoir si le sujet est vraiment prêt à lâcher ce qui le fait souffrir dans son symptôme. Dès qu’il y consent, nous commençons à travailler sur ce qui l’aliène. Soit, d’abord, ses types d’identification. A qui le sujet s’est-il identifié ? Pourquoi, comment ? La dire et la répéter finit par faire tomber l’identification. Ensuite, nous travaillons sur le plan des satisfactions.

Quel plaisir tire-t-il de l’attachement à tel ou tel symptôme, qui pourtant lui gâche la vie ?

Le travail analytique consistera à s’interposer entre le sujet et le symptôme, pour l’aider à dire qui il est dans cette jouissance-souffrance. L’issue de la psychanalyse n’est pas d’aider le sujet à lâcher son symptôme – car celui-ci donne du sens à son existence – mais de troquer la jouissance mortifère qu’il en tire pour une force désirante. Par exemple, sortir de la boulimie pour satisfaire autrement son plaisir oral, en devenant comédien ou journaliste, ou simplement en chantant régulièrement…

Quel exercice pourriez-vous proposer pour aider à cet apaisement ?

La psychanalyse n’est pas très portée sur les « exercices » ! Mais si elle devait en prescrire, en tant que thérapie de la formulation, de la mise en mots, elle proposerait sans doute d’écrire ses rêves, ses pensées, ses impressions… Cela peut permettre d’apporter un peu de répit quand on a affaire à une angoisse.

Comment ça marche ?

Faut-il encore présenter la mère de toutes les thérapies ? Mise au point par Sigmund Freud à la fin du XIXe siècle, elle est l’aboutissement de ses années de recherche sur l’inconscient. Sur le divan, cette cure par la parole permet de découvrir les origines profondes et refoulées de nos souffrances psychiques, afin de nous aider à les dépasser.

La fréquence

Des séances une à trois fois par semaine, de vingt à quarante-cinq minutes, et pour une durée thérapeutique de plusieurs années.

Le dialogue intérieur

Harmoniser tous les aspects de soi, par Pierre Cauvin, consultant en management et formateur en thérapie du dialogue intérieur

Psychologies : Pourquoi le dialogue intérieur peut-il aider à se réconcilier avec soi-même ?

Pierre Cauvin : Parce que nous ne sommes pas une entité unique, mais faits d’un certain nombre de sous-personnalités que nous avons mises en place, afin de nous adapter à l’environnement. Or, celles-ci ne sont pas forcément en accord les unes avec les autres et provoquent en nous une sensation de tiraillement. La méthode du dialogue intérieur propose de créer et de développer un processus régulateur entre ces différentes parties de nous-même. Cet arbitre, nous l’appelons le « moi conscient ».

Comment se passe une séance type ?

Le patient – le « facilité » – explique ce qui lui pose problème à son thérapeute – le « faciliteur ». Ensuite, celui-ci l’invite à donner la parole aux sous-personnalités auxquelles ce problème renvoie. L’objectif est de laisser chacune de ces voix aller au bout de son raisonnement, alors que nous avons tendance, naturellement, à en étouffer une ou plusieurs qui, du coup, ne nous laissent jamais en paix. Mais la sensation d’apaisement n’est pas acquise pour toujours : il faut l’entretenir, en étant attentif à ce qui parle, agit et décide en nous au quotidien.

Quel exercice pourriez-vous proposer pour repérer une de ses sous-personnalités?

Les sous-personnalités fonctionnent par paires, une « dominante » et une « étouffée ». Pour les repérer, je suggère de répondre au questionnaire suivant : « Qu’est-ce qui m’irrite particulièrement chez les autres ? » Par exemple, la paresse. « Quelle est la qualité qui, chez moi, fait que je suis irrité par ce trait ? » Mon énergie. « Comment ceux que je traite de paresseux se définiraient-ils ? » Ils diraient qu’ils savent vivre l’instant présent.

« Comment qualifieraient-ils ce que j’estime être ma qualité ? » Du surmenage, du stress… Vous venez de mettre en relief une sous-personnalité dominante, votre côté travailleur, et une étouffée, son opposée, votre côté calme. Pour vous sentir plus en paix, l’objectif sera d’être plus attentif à cette seconde partie de vous, que vous refusez chez les autres autant qu’en vous-même.

Comment ça marche ?

Cette méthode a été mise au point au début des années 1980 par Hal et Sidra Stone, analystes californiens d’inspiration jungienne. Elle s’adresse aux personnes qui souhaitent régler un problème ponctuel (relationnel ou personnel) rapidement.

La fréquence

Huit séances d’environ une heure et demie peuvent suffire. Dans le cadre d’une thérapie brève, il faut compter un à deux ans, à raison d’une séance tous les quinze jours.

Le processus Hoffman

Restaurer l’amour-propre, par Karin Reuter, psychologue clinicienne, psychothérapeute et codirectrice de l’Institut Hoffman France, avec sa fille Katrin Reuter

Psychologies : Comment le processus Hoffman peut-il aider à se réconcilier avec soi-même ?

Karin Reuter : La paix intérieure ne peut venir qu’avec la certitude d’être digne d’être aimé. Si celle-ci fait défaut, le processus Hoffman propose de la rétablir. Comment ? En redevenant l’enfant que l’on a été, en revivant les peurs ou les colères ressenties alors contre nos père et mère, en vue de trouver enfin une harmonie entre notre intellect adulte et notre part émotionnelle, inscrite dans l’enfance.

Quelles sont les étapes du processus ?

Il y en a quatre, organisées autour d’un stage. La première est la phase préparatoire : quelques semaines avant le séminaire, le participant entame un travail d’introspection, en répondant à un questionnaire proposé par le thérapeute. Il apprend à identifier et à exprimer ses problèmes, et il commence à plonger dans le bain de son enfance. Ensuite, c’est la phase active : au cours d’exercices en petits groupes, le participant s’immerge dans ses souvenirs d’enfance et extériorise les émotions liées à cette période. Cette étape, très physique, est à vertu cathartique.
Suit la phase de compréhension. En grand groupe, grâce à une technique de visualisation, le participant redevient son propre enfant intérieur de 12-13 ans et rencontre ses parents à l’âge correspondant. Un dialogue s’instaure où, dans un va-et-vient entre passé et futur, il demande à ses parents pourquoi ils vont agir de telle ou telle façon avec lui. Cet exercice mène au pardon et à la compassion avec soi-même, et avec ses parents. Enfin, à partir de ces nouvelles bases, nous proposons de réapprendre à agir.

Quel exercice pourriez-vous proposer ?

Celui du recyclage, par exemple. Imaginons une situation : aujourd’hui, alors que j’ai rendez-vous avec mon patron, je me sens déprimé, je n’ai envie de rien… J’en prends conscience, puis j’en reconnais l’origine : c’est ce trait de caractère que mon père développait face à une situation difficile. Je réagis : quel autre mécanisme puis-je utiliser dans cette situation ? Me réjouir de ce rendez-vous comme d’un défi à relever : je l’expérimente d’abord par visualisation – je m’imagine, confiant et jovial, face à mon patron – avant de le vivre dans la réalité. Ainsi, j’ai retrouvé une harmonie entre l’intellect (je dois réussir ce rendez-vous) et l’émotionnel (la joie, la confiance…).

Comment ça marche ?

La technique Le processus Hoffman a été élaboré dans les années 1960 par Bob Hoffman, psychologue américain, en collaboration avec des psychanalystes et des psychologues humanistes, dont Claudio Naranjo, psychiatre.

Principe

Il s’adresse à toute personne ressentant la nécessité de sortir de situations de répétition, de relations toxiques ou d’émotions négatives. Elle est déconseillée aux personnes en état de dépendance alcoolique ou médicamenteuse.

Fréquence

Cette thérapie de groupe, proposée dans quatorze pays, se déroule autour d’un stage intensif de neuf jours.

Anne-Laure Gannac pour Psychologies.com

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