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Pierre-Etienne GAUTIER,
Psychanalyste Jungien Indépendant


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ÉROTISME, TORTURE, CANNIBALISME...



ÉROTISME, TORTURE, CANNIBALISME …
LA FACE CACHÉE DES COMPTINES FRANÇAISES


Il court, il court le furet, Une souris verte, Il était un petit navire sont des comptines qui ont bercé votre enfance ? Derrière leur apparence bien naïve et innocente, ces chansonnettes ont en réalité un sens caché… et parfois osé !
Pourquoi dissimuler un double discours effronté derrière des couplets apparemment si légers et anodins? C'est un bon moyen de faire passer des messages satiriques, critiques sociales ou encore allusions libertines sans risquer la censure. Et après tout, les enfants n'y comprennent rien. Mais vous, continuerez-vous à chanter ces comptines comme avant?

«Une souris verte, qui courait dans l'herbe»

La souris verte serait une référence à un soldat vendéen. Il aurait été traqué par les soldats républicains pendant la Guerre de Vendée (1793-1795) et soumis à différentes tortures. Le but étant d'en faire un «escargot tout chaud», pas besoin de beaucoup d'imagination pour voir l'horreur de la scène.

«Nous n'irons plus au bois, les lauriers sont coupés»

Au XVIIIe siècle, la prostitution va bon train dans les bois et les maisons closes sont signalées par la présence de lauriers sur les portes. Louis XIV décide d'interdire ces maisons de prostitution, notamment pour lutter contre la propagation de maladies qui affectent les ouvriers qui travaillent dans le jardin de Versailles. «Entrez dans la danse, voyez comme on danse, chantez, dansez, embrassez qui vous voudrez» est une protestation contre cette décision royale qui invite clairement au libertinage. Si vous croyiez conter à vos enfants l'histoire banale d'une jeune femme qui va faire sa cueillette dans les bois, c'est loupé!

«Il était un petit navire»

Tout le monde connaît le premier couplet de cette comptine, mais il est plus rare de chanter les quinze autres. Et pourtant, le jeu en vaut la chandelle. Avec un air enjoué, «Il était un petit navire» retrace l'histoire d'un petit marin qui, après un tirage au sort, est désigné pour être mangé par l'équipage de son navire qui manque de vivres. Le matelot est sauvé de ce cannibalisme par un miracle. Une prière à la Vierge Marie qui entraîna une profusion inattendue de poissons.

«Il court, il court le furet»

Vous le chantiez la semaine dernière à votre enfant sans savoir que cette comptine relevait de la contrepèterie, une permutation de lettres ou syllabes qui permettent de cacher un sens masqué, indécent. Relisez le titre de la comptine encore une fois et remplacez le «c» de «court», par le «f» du mot «furet». Eh oui, le «curé» qui «fourre» est tout de suite plus grivois.
Le succès de la comptine remonte à la Régence exercée par Philippe d'Orléans (1715-1723). Le cardinal Dubois était alors le principal ministre d'État, bien connu pour sa conduite sulfureuse avec les femmes…

«Il pleut, il pleut bergère»

Tirée de l'opéra-comique de Fabre d'Églantine, Laure et Pétrarque (1780), la chansonnette aurait été récitée le lendemain de la prise de la Bastille, lors de la création de la Garde nationale. La bergère est une référence à la reine Marie-Antoinette, qui se plaisait à jouer à la bergère au hameau de la Reine, dans le parc du jardin de Versailles. La cour est symbolisée par des «blancs moutons», sans doute une allusion aux perruques poudrées des nobles de l'époque, et «l'orage» est une prédiction de la Révolution qui menace.
Si on en croit la légende, Fabre d'Églantine aurait fredonné l'air de cette comptine en montant à l'échafaud, le 5 avril 1794.

Par Anne-Gabrielle Roland-Gosselin


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